L’appel des 111 pour la revalorisation de l’aide belge au développement

La rivière en fil conducteur

Pour ce mois de mai, nous vous partageons quelques pages du dernier numéro du magazine Transitions, un trimestriel édité par Iles de Paix. Ces pages sont consacrées à la présentation des premières activités réalisées en Ouganda.

Découvrez cela en cliquant sur le lien suivant :

Transitions-Trait d’union

Et si vous êtes intéressé par le monde de la coopération en général, ou en particulier par la question de l’agriculture familiale durable et de l’alimentation responsable, n’hésitez pas à aller faire un tour sur le site http://www.ilesdepaix.org pour vous abonner gratuitement au magazine Transitions.

 

 

De la CTB à ENABEL, du siège au terrain !

En juilllet 2017, je quitte la CTB… et en Janvier 2018 je retrouve ENABEL. Nouveau nom pour l’Agence Belge de Développement, nouveau point de vue aussi. Après plus de 2 ans passés au siège, je découvre les joies du terrain (https://www.facebook.com/EnabelinUganda/). C’est ainsi que j’ai rejoint l’équipe du projet SSU : Support Skilling Uganda. Composé de plus ou moins 80 collaborateurs, l’équipe œuvre au côté du Ministère Ougandais de l’Education et du Sport à promouvoir l’enseignement technique et professionnel.

L’idée est de rapprocher les écoles techniques et le secteur privé afin que les élèves puissent acquérir des compétences qui leur garantiront un emploi une fois diplômé.  Le projet se déroule dans 3 régions différentes de l’Ouganda : dans la région Albertine-Rwenzori (ici à Fort Portal), dans la région du Nord-Ouest (plus particulièrement dans et aux alentours des camps de réfugiés) et dans la région de Karamoja (situé au Nord-Est).

Parmi les outils et les différentes activités qui visent à soutenir la création de partenariat public-privé (PPP), le projet pilote un fond – le Skilling Developement Fund – qui, à terme, est censé être entièrement géré par le Ministère de l’Education Ougandais. Ce fond favorise la création de PPP grâce à l’octroi de subsides à une « joint-venture » entre un centre de formation et une entreprise (https://www.facebook.com/SkillsDevelopmentFund/).

Et c’est là que j’interviens. L’octroi de subside se réalise au terme d’un appel à propositions. Ensuite, la mise en œuvre des subsides nécessite un suivi plus ou moins important en fonction de la capacité des bénéficiaires. Ensemble avec mes collègues, nous nous assurons que le processus de sélection, la contractualisation et la mise œuvre se réalisent correctement.

Il s’agit d’un travail concret qui mêle à la fois le juridique, le financier et l’atteinte des résultats. Le travail est varié et les collègues très sympas. Je suis principalement basée à Fort Portal mais des déplacements réguliers sur Kampala ou dans les autres régions d’intervention sont au programme. Bref, les défis ne manquent pas et je suis très heureuse de me lancer dans cette nouvelle aventure professionnelle. La suite lors de nos prochaines éditions.

Mobilisation générale !

 

Et oui,  c’est vous tous qui vous êtes mobilisés en ce mois de janvier à l’occasion de la campagne Iles de Paix que nous souhaitons mettre à l’honneur. Merci pour les photos partagées pendant ce week-end de janvier placé sous le signe de la solidarité. Vous êtes de magnifiques acteurs de terrain !

 

Soutenez la campagne Iles de Paix !

La campagne Iles de Paix, c’est quoi ? Vous connaissez les petits modules Iles de Paix ? Mais oui, ce sont ces petits bonhommes en plastique qui aiment à se donner la main.

Eh bien, la campagne Iles de Paix, c’est le week-end de l’année (en général le deuxième week-end de janvier) où plus de 40.000 bénévoles se mobilisent aux 4 coins de la Wallonie et de Bruxelles pour inviter à un geste de solidarité en vendant les modules (mais aussi depuis l’an dernier bracelets et cette année essuies de vaisselle) au profit d’Iles de Paix.

Cette mobilisation citoyenne, c’est l’une des forces d’Iles de Paix. Elle permet à l’ONG de lever les ressources propres nécessaires pour mener à bien ses actions de promotion de l’agriculture familiale durable.

Découvrez en images un message d’encouragement en direct de Fort Portal : https://www.dropbox.com/s/pq4wk8f9dpp9hwl/ouganda1.mp4?dl=0

Acheter un paquet de modules (5 eur), c’est construire une chaîne invisible de solidarité entre la Belgique et des familles d’agriculteurs béninois, burkinabé, péruvien, tanzanien et ougandais.

Alors, faites bon accueil aux bénévoles Iles de Paix que vous croiserez dans les rues les 12, 13 et 14 janvier prochains !

 

Pour ceux qui aiment les vidéos, retrouvez aussi le message d’encouragement :

Quand la coopération au développement se met à l’heure de la coopération !

Croire que le monde de la coopération au développement est un monde idyllique où les relations harmonieuses entre acteurs prévalent sur toute forme de compétition serait illusoire.

De nombreux exemples de projets de développement existent malheureusement où le chacun pour soi, notamment pour se réserver la part maximale de financement, prévaut sur l’intérêt général.

Force est de constater néanmoins que face aux enjeux du développement, de plus en plus d’acteurs semblent désireux de jouer franchement la carte de la coopération. « Synergie » est un mot plus que jamais à la mode des bailleurs de fonds. Expliquer les synergies qui seront mises en place pour garantir l’atteinte des résultats escomptés par un projet de développement fait partie des préalables attendus par les financeurs.

Alors oui, bien sûr il y a encore un fossé entre « annoncer des synergies » et œuvrer réellement dans un esprit coopératif, mais ce vent de coopération souffle malgré tout dans la bonne direction.

S’inscrivant dans cette logique s’est tenu ce mois-ci à l’ambassade de Belgique le « dialogue stratégique ». Il s’agit d’une réunion entre tous les acteurs belges du développement actifs en Ouganda. Ce sont ainsi retrouvés autour de la table les représentant de la section Développement de l’Ambassade, les représentants de la Coopération Technique Belge (agence en charge de la coopération bilatérale directe, c’est-à-dire la coopération d’Etat à Etat), les représentants des ONG (c’est-à-dire la coopération bilatérale indirecte), les représentants de la coopération universitaire et les représentants du Ministère belge de la coopération au développement (dont le Ministre actuel est Alexander De Croo). Un moment privilégié où s’évalue les synergies mises en place au cours de l’année écoulée et les ponts à construire à l’avenir.

Au-delà de cette rencontre utile mais quelque peu protocolaire, le programme d’Iles de Paix en Ouganda, le fameux « Mpanga Super Farmers Program », est aussi une bonne illustration de cet esprit nouveau. Les activités d’accompagnement des familles d’agriculteurs menée par Iles de Paix et ses partenaires doivent ainsi contribuer à l’adoption au niveau communautaire d’un plan de gestion des ressources naturelles (en particulier de gestion de la rivière Mpanga), projet coordonné par PROTOS, une autre ONG belge. Par ailleurs, au cours de son programme, Iles de Paix bénéficiera de l’appui d’un projet de coopération entre l’Université de Ghent et l’Université Mountains of the Moon de Fort Portal, à travers des projets de recherche-action visant à améliorer les techniques de récolte et de stockage des familles accompagnées. Réduire les pertes post-production est en effet un levier important identifié pour augmenter les revenus des bénéficiaires.

 

 

 

Coup d’envoi des activités sur le terrain

En ce mois d’octobre, les activités sur le terrain se sont bel et bien lancées. Ces premières étapes sont clés pour bien définir les objectifs poursuivis par le programme, expliquer ce que les participants peuvent en attendre mais aussi ce que cela impliquera comme engagement de leur part.

Cela s’est traduit par la mobilisation et sensibilisation des communautés des villages concernés par le programme, l’identification et l’enregistrement des familles souhaitant participer au programme et la mobilisation des autorités locales.

Cette question de l’implication des autorités locales, même si elle peut parfois alourdir le processus au démarrage, est un élément clé dans la stratégie d’intervention d’Iles de Paix. Elle participe à la durabilité des résultats au-delà la période visée par le programme. Et oui, les « graines d’impact » doivent se semer au plus vite pour augmenter leur chance de prendre racine !

L’implication des autorités locales s’est notamment concrétisée par leur participation au lancement officiel du programme dans nos deux zones d’intervention. Des événements haut en couleurs, organisés par nos partenaires en charge de l’exécution du programme, qui ont été l’occasion pour moi de me familiariser au protocole local.

Illustrations en images :

Mériter la confiance

Bien démarrer un programme de coopération nécessite de partir directement sur de bonnes bases en matière de gestion administrative et financière. La formation des équipes sur cet aspect est d’autant plus important quand on démarre dans un nouveau pays et donc avec de nouveaux partenaires avec qui tout est encore à construire.

La formation organisée ce mois  avec l’appui de mon collègue Julien venu de Huy était donc un moment clé. Au programme, formation des équipes administrative et financière de nos partenaires sur les questions de reporting financier, de dépenses éligibles ou non, de règles à suivre en matière d’appel d’offres, … mais aussi des temps d’échange pour expliquer l’importance pour Iles de Paix d’une gestion intègre, efficiente, rigoureuse et transparente des moyens mobilisés.

Iles de Paix a placé cette idée de « mériter la confiance » parmi ses valeurs institutionnelles.  Les activités mises en œuvre par Iles de Paix ne sont pas financées par des bénéfices comparables à ceux que générerait une entreprise commerciale qui les réinjecterait ensuite dans son activité pour s’auto-financer. Ils viennent intégralement des achats de modules, des dons, des successions, et des fonds publics octroyés par les autorités sur base des impôts des contribuables. A titre d’exemple, le programme Mpanga Super Farmers que nous démarrons actuellement est financé à 80% par des fonds du Ministère belge de la coopération et à 20% par des ressources propres directement collectées par Iles de Paix auprès du grand public.

Autrement dit, les moyens d’action d’Iles de Paix proviennent à 100 % de sources externes, de la part de personnes et d’organismes qui font le choix délibéré de soutenir l’association en raison de la confiance qu’ils lui accordent.

De même, les partenaires et les bénéficiaires qui choisissent de s’investir dans des projets avec Iles de Paix le font sur base de la confiance qu’ils ont dans l’association. Iles de Paix met son point d’honneur à mériter la confiance de toutes ces personnes.

Le coup d’envoi est donné !

Et oui, le premier programme d’Iles de Paix en Ouganda est officiellement lancé ! L’atelier de lancement avec les partenaires choisis pour l’implémentation du programme s’est tenu du 10 au 15 août.

Occasion de prendre le temps de mieux se connaitre les uns les autres, de s’assurer que chacun a une même compréhension des valeurs et concepts sous-jacent au programme, de s’approprier la stratégie générale du programme et de bien définir les premières activités qui seront menées cette année.

Prendre le temps de la réflexion avec l’ensemble des équipes avant de se lancer dans l’exécution des activités, c’est sans doute une caractéristique de l’approche Iles de Paix. Les partenaires semblent avoir appréciés cette approche, pas nécessairement habituelle pour eux.

Un des concepts clés que nous avons approfondi lors de l’atelier est celui de l’agroécologie. L’approche agroécologique, au coeur de laquelle on retrouve la recherche d’un équilibre entre les dimensions économiques, environnementales et sociales, est en effet l’approche résolument retenue par Iles de Paix dans l’accompagnement des producteurs.

L’agroécologie, qui ne se limite pas seulement à la production agricole mais s’intéresse au système alimentaire en général, propose un modèle alternatif par rapport à celui proposé par l’agriculture conventionnelle, prédominante en Belgique par exemple. Les différents objectifs poursuivis par l’agroécologie sont illustrés dans le schéma suivant :

Agroecology

 

 

 

MPANGA SUPER FARMERS

Comme vous le voyez, grâce aux talents d’un artiste local, les modules Iles de Paix ont pris leur quartier à Fort Portal. Impressionnant la force de ce logo qui suscite l’intérêt des visiteurs !

Au menu de ce premier mois : installation des bureaux avec l’aide précieuse de John Nyakoojo (responsable Administratif et Financier), rencontres avec les organisations locales (JESE et SATNET) avec lesquelles Iles de Paix travaillera sur le terrain, recrutement des agents de terrain qui travailleront au sein de ces partenaires, visites de terrain pour mieux appréhender les spécificités des deux zones d’intervention du programme, Karangura (à 30 km de Fort Portal) et Kabambrio (à 80 km de Fort Portal)

Ce premier programme d’Iles de Paix en Ouganda porte le nom de « Mpanga Super Farmers », Mpanga étant le nom d’une rivière traversant la ville de Fort Portal.

Source de la Mpanga River

Zone montagneuse de Karangura où la Mpanga River prend sa source

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Marais typique de la région de Kabambiro, plus en aval de la Mpanga River

 

En phase avec la mission générale d’Iles de Paix de promotion de l’agriculture familiale durable et de l’alimentation responsable, l’objectif général du programme est d’accompagner 600 familles d’agriculteurs dans l’amélioration des performances économiques, sociales et environnementales de leurs exploitations.

La semaine prochaine sera une première étape importante pour Iles de Paix Ouganda. Nous tiendrons notre atelier de lancement officiel avec nos deux partenaires. Je serai épaulé pour l’occasion par mon collègue Olivier, Directeur des Programmes, qui débarquera de Huy et par Ludovic, Directeur Iles de Paix en Tanzanie. Impatients de vous raconter tout cela dans une prochaine édition !

Pour terminer, ce premier « Zoom Iles de Paix », je voulais partager avec vous cette donnée sur la croissance démographique de l’Ouganda. Un paramètre déterminant à prendre en considération pour comprendre les enjeux de développement.

L’Ouganda comptait plus de 37 millions d’habitants en 2015 et le pays connaît l’une des plus fortes croissances démographiques au monde avec un taux de fécondité estimé à 6 enfants par femme et un taux de croissance naturel de 3,3 %. Ce taux de fécondité était en 2011 de 3,8 en milieu urbain et de 6,8 en milieu rural. A ce rythme, l’Ouganda aura en 2050 130 millions d’habitants et les efforts de développement pourraient être les victimes de cette explosion démographique. En 2015, 35% de la population était sous-alimentée. L’âge médian de la population ougandaise est de 15 ans, alors qu’il se situe à 41 ans en Belgique.