Pikipiki (*) Ou Boda

(*) Moto en swahili

Vous me voyez partout en Ouganda (et partout ailleurs en Afrique et en Asie) sur tous les terrains (en bitume ou en terre), je passe partout, je sers à tout, au transport des choses et des personnes, je suis économe en carburant, je suis la reine de la mobilité.

Certes les déplacements pédestres et cyclistes sont encore nombreux ici ; mais j’épargne à ceux qui me montent bien des fatigues. Je suis plus rapide, plus robuste et j’ai un rayon d’action bien plus large. Si la voiture (et autres véhicules automoteur) me supplante sur ces critères, ce n’est vrai que sur route asphaltée et dégagée. Sur piste et dans les embouteillages urbains, je prends largement le dessus en avalant facilement les déformations du chemin ou en me faufilant gaiement quand tout est bloqué.

J’ai l’allure fière avec mon gros œil devant, au milieu du guidon, arborant, juste en dessous, dessiné avec soin sur une plaque métallique, le surnom que m’a donné mon propriétaire (Jeff) ou sa devise mystique (God is my lord) ; mes flancs sont colorés de mille feux et mes jantes chromées me donnent des airs de rockstar. Partout, on me bichonne avec soin : on me conduit à la rivière du village ou au car-wash du bourg ; on me shampouine vigoureusement et on m’asperge généreusement pour me délester de la poussière et rafraîchir ma silhouette.

Dans la plus grande majorité des cas mon destrier est masculin, il porte quelque fois un casque mais pas souvent, rarement des lunettes, pas de gants, des chaussures ordinaires et parfois simplement des sandales. Au lever du jour, lorsqu’il fait frais, il revêt une grosse veste d’hiver et emmitoufle sa tête sous un capuchon.

Je suis mise à toutes les sauces.

Au transport des choses : en vrac et indistinctement : un gros sac de maïs, un régime de bananes, un fagot de canne à sucre, un casier de bouteilles de bière ou de fanta, un panier de légumes ou une cage à poules, une chèvre, dix jerricans jaunes remplis d’eau, un matelas roulé, huit matelas empilés… Peu importe si les dimensions de mon paquetage débordent en largeur (un lit, une table, un frigo, un vélo en panne, un tas de planches en bois) ou en longueur (des ronds à béton, des troncs d’arbre, des barres métalliques ou des tubes en plastique).

Au transport des personnes : des adultes et des enfants, des hommes et des femmes, des jeunes et moins souvent des vieux.

Lorsque ce sont des hommes, ils sont régulièrement deux en croupe, même parfois trois, serrés les uns derrière les autres. S’agissant des femmes, elles sont, le plus souvent, seules passagères, sauf lorsqu’elles intercalent un enfant (parfois un deuxième devant le pilote), assises tantôt en amazone (au risque de fragiliser l’équilibre de l’attelage) tantôt à califourchon.

Il arrive régulièrement que je sois exploitée au transport rémunéré des personnes : une activité professionnelle de moto-taxi appelée communément (et joliment) boda-boda. Avec mes congénères, nous nous retrouvons aux principaux carrefours des agglomérations, attendant nonchalamment le client, sous un soleil de plomb.

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Dure-dure la vie de pikipiki, souvent ingrate. S’il m’arrive de défaillir, je serai poussée jusqu’à l’atelier du garagiste qui me démontera en mille morceaux jusqu’à réparation et remplacement de la pièce défectueuse retrouvée miraculeusement (pour un non initié) sur le marché d’occasion. Il peut aussi malheureusement m’arriver de terminer mon existence au champ d’honneur, calcinée sur le bord de la route.

Mais quelle fierté d’être l’outil et le symbole d’un continent qui bouge, qui va de l’avant, qui s’anime, qui s’agite, qui vrombit, qui travaille, qui commerce, qui drague, qui vit.

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Rédigé par François

Le « shoebill », un oiseau au physique sorti de la préhistoire !

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« Notre » shoelbill

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Un shoebill de guide touristique

On nous en parlait depuis notre arrivée en Ouganda, mais nous ne l’avions encore jamais vu, si ce n’est au zoo d’Entebbe. Quelle bonne surprise lorsqu’en rentrant d’un safari dans le parc Murchison, Lola s’est écriée : « Stop, stop, un « shoebill » ! ».

Chanceux nous étions car le « shoebill » appelé en français, le « bec-à-sabot du Nil » est un oiseau en voie de disparition. Il n’y en aurait plus que 5000 dans le monde. L’Ouganda qui en accueille une bonne partie, attire ainsi les ornithologues des 4 coins du monde.

Les mensurations de l’animal sont impressionnantes : jusqu’à un 1,20m de hauteur, jusqu’à 2,30m d’envergure et jusqu’à 7 kilos.

En faisant quelques recherches pour préparer cet article, nous avons aussi découvert que les belges peuvent admirer le « shoebill » au parc Pairi Daiza qui est le premier parc à avoir réussi sa reproduction.

(article signé Anna-Lou)

Baguru, la pomme en l’air ougandaise

Elle a le goût de la pomme de terre, elle a la couleur de la pomme de terre, elle a la texture de la pomme de terre, mais elle pousse en l’air. Elle s’appelle en langue locale la Barugu, rebaptisée par Romain et Denis la pomme en l’air !

Il y a un an Denis en avait reçu une semence d’un paysan avec lequel Iles de Paix travaille. La semence avait été plantée, sans trop savoir ce que cela donnerait. Miracle de la nature, un an plus tard, nous découvrons une plante grimpante qui nous offre le plaisir d’une première récolte d’acrobates !

Et la dégustation qui s’en est suivie a fait le bonheur de nos palais.

Est pris qui croyait prendre

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On était à la recherche de lions dans le Parc National de Kidepo. Quel joie quand notre guide en trouve un couché à quelques mètres de notre voiture.

Nous observons le lion et on se rend compte qu’il y a un buffalo broutant l’herbe juste à côté. Le buffalo étant un animal presque aveugle se rapprochait dangereusement du « roi de la jungle ».

On pensait que le lion n’en ferait qu’une bouchée. Mais à notre grande surprise, le buffalo ne s’est pas laissé faire. Et c’est lui qui a chassé le roi de la jungle. C’était incroyable ! (raconté par Anna-Lou)

Et le clin d’œil photo se transforme en clin d’œil vidéo en cliquant ICI

 

 

Un gorille tombé du ciel !

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Surprenant, le jeudi 13 juin un hélicoptère  a atterri dans la cour de notre école avec un gorille comme pilote. Quand il est sorti, il nous a tous surpris. A ce moment-là, la classe de 2ème  lui a fait une danse pour l’accueillir. Le gorille et son équipage a ensuite été visité toutes les classes. Au moment du départ, ma classe de 3ème lui a fait une danse d’au revoir.  L’hélicoptère est reparti et le jour d’après, il est revenu pour survoler l’école.

Le compagnon du pilote n’était rien d’autre que Jonathan Scoot, un célèbre cinéaste animalier anglais qui a eu l’occasion de nous raconter certaines de ses aventures. Celle du guépard qui lui a fait pipi dessus ce qui explique sa chevelure abondante m’a fort amusée 😉

Anna-Lou

A chacun ses talents !

S’ouvrir à l’autre, c’est aussi découvrir et apprécier ses talents.

Illustration en images tirées de la fête d’anniversaire d’Anna-Lou

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Réveil matinal au coin d’un feu qui renaît de ses cendres ! Notre trio a été subjugué par le talent de leurs amis d’école qui en deux temps trois mouvements ont rallumé le feu de la veille. Et pourtant la pluie était passée par là pendant notre nuit de camping.

A chacun ses talents : à gauche le podium de l’épreuve d’apnée ; à droite le podium du saut en longueur.

Un chameau tombé du ciel !

Décidément, cette école Sadhguru n’a rien d’ordinaire. Après un hélicoptère dans ma cours de récré (voir édition de Juin 2018), voici qu’un chameau s’invite à la fête. Oui, oui, un vrai chameau nous attendait ce matin là près du réfectoire. Et ce n’est pas l’imagination de nos enfants qui déborde. Regardez plutôt :

Christmas is about octopus !

Avez vous déjà vu une pieuvre, une poule ou un zèbre dans la crèche de Noël ?
Souvent, la scène de la Nativité nous est présentée comme une image d’Epinal : tout semble calme et doux. Mais à l’école Sadghuru, ils pensent qu’à Bethléem, cette nuit là, il devait y avoir beaucoup de bruit : des marchands, des bergers, des animaux, des enfants, … Tout ce monde réunit dans ce petit village, ça devait faire un fameux tintamarre ! Résultat : un récit de la Nativité revisité, tout en couleurs et en chanson. Comme toujours, la créativité, les sourires et l’émotion était au rendez-vous.