Habiter le monde !

Le titre de cet édito nous est inspiré d’un magnifique roman que nous vous présentons dans le Coin des lecteurs. Comment habiter le monde ?, ou la question du sens que nous souhaitons donner à nos existences. Se poser cette question, c’est s’interroger d’abord sur le lien que nous entretenons à nous-même, à ce qui gît au plus profond de chacun de nous. C’est s’interroger aussi sur le lien aux autres (non, l’enfer ce n’est pas les autres et le bonheur ne peut se construire sans un rapport curieux et apaisé à l’altérité). C’est s’interroger enfin sur le lien à notre « maison commune », en n’oubliant pas que nous n’y sommes que des occupants passagers.

Depuis notre dernière édition, nous avons eu le bonheur de vivre de biens beaux moments, en particulier en matière de lien aux autres et de lien à la nature.

Lien aux autres alimentés, par exemple, à l’occasion d’un week-end camping festif et sportif passé avec les amis de l’école sur le site même de l’école. Festif car ce fut l’occasion de fêter l’anniversaire d’Anna-Lou. Sportif car Anna-Lou avait choisi de placer son anniversaire sous le thème des Jeux olympiques (voir le clin d’œil photo). Lien à l’altérité comblé aussi par le bonheur d’accueillir pendant deux semaines le frère de Denis et sa famille. Joie de se retrouver comme si on ne s’était pas quitter, de partager avec eux, en toute simplicité, un peu de notre vie ougandaise, de leur présenter nos amis ougandais.

Joie aussi de redécouvrir à travers leurs yeux notre pays d’accueil. Leur visite s’est achevée par une semaine de « road trip » (voir le coin des Routards) dans le Centre-Ouest de l’Ouganda, l’occasion pour nous de revisiter des « lieux coups de cœur » et d’en découvrir de nouveaux. Au terme du périple, lors d’une réunion de rédaction improvisée pour récolter le sentiment de chacun, revenait sur toutes les lèvres le bien-être de s’être « reliés » à une Nature au pouvoir apaisant et envoûtant et une envie démultipliée de la protéger.

En matière de protection de la Nature, l’agriculture et l’alimentation responsable ont un rôle important à jouer. Découvrez dans le « Zoom de la Coopération », l’approche « paysans chercheurs » développée par Iles de Paix en Ouganda.

Et parce que le monde qui nous entoure est une œuvre d’Art à part entière, le coin des Artistes de cette édition lui est consacrée à travers quelques clichés de Laurent (le frère de Denis) intitulés « l’art du détail ».

On vous laisse sur l’habituel lien photos auquel vous pouvez accéder en cliquant ICI.

Prenez soin de vous, des autres et de la Nature !

On vous embrasse,

La Hees Family !

Vent de jeunesse, vent d’espoir !

On vous avait quitté fin janvier en mode « polé – polé » (voir édito précédent). Un mode de vie que nous avons réussi à conserver depuis lors à la faveur de week-ends passés essentiellement à Fort Portal et dans ses environs. C’est qu’après un an et demi de présence dans cette petite ville, nous y avons désormais bien fait notre nid et prenons de plus en plus de plaisir à y approfondir les relations humaines que nous y avons tissés.

Tout cela nous a donné l’occasion aussi de mettre en pratique certaines de nos résolutions de fin d’année comme le souhait exprimé par Lola, rejointe par sa sœur, de développer sa créativité (voir le Coin des Artistes) ou le souhait familial de découvrir toujours plus en marchant, en courant, en nageant ou en roulant à vélo la nature magnifique qui nous entoure (voir dans le  « Coin des Routards » l’apothéose de ces dernières semaines sportives).

Depuis Janvier, nous avons aussi savouré un vent de jeunesse venu du Nord. Nous avons été sensibles à la mobilisation hebdomadaire de la jeunesse belge pour le climat dont l’écho se fait entendre jusqu’ici. Ensuite, plus concrètement, l’initiative pour un « anniversaire zéro déchet à impact social » lancée par des amis de nos enfants de l’école Floréal et leurs parents (voir « l’Echo du Nord ») nous a beaucoup touché. Enfin, il y a l’engagement de jeunes professionnels belges qui décident de mettre leur expertise au service de la coopération au développement (voir le « Zoom de la Coopération »). A travers toutes ces initiatives, c’est un vent d’espoir qui se met à souffler. Bien sûr, rien n’est encore gagné pour réellement faire bouger les lignes pour la construction d’un monde plus solidaire et durable. Mais la jeunesse n’a-t-elle pas l’insouciance nécessaire pour abattre des montagnes ? Alors quand la jeunesse se met en marche, rien ne semble impossible. Vu depuis un pays où plus de 50% de la population à moins de 15 ans, cela prend en tous cas un écho tout particulier …

Pour rester dans le thème de la jeunesse, retrouvez encore dans cette édition, un coin des lecteurs « made by kids and for kids » ou encore un « clin d’œil photos » illustrant un moment d’émerveillement quand l’imprévu s’invite à l’école.

Et  pour les plus visuels d’entre vous, voici le lien photos du mois.

N’oublions pas que la jeunesse, ce n’est pas une question d’âge, mais une question d’état d’esprit. Rassemblons-nous donc par-delà les âges pour que le souffle d’espoir se transforme en tempête d’espérance.

On vous embrasse

La Hees Family

Les bienfaits de la vie en mode « Polé, Polé » !

Dans le système scolaire ougandais, les « grandes vacances » ont lieu en Décembre – Janvier. Autant dire qu’à l’image de ce que nous connaissons en Belgique entre le 15 juillet et le 15 août, le cours de la vie ralentit sensiblement ici entre mi-décembre et mi-janvier.

Avec 4 semaines de congés pour nos enfants (leur école applique un calendrier mixte entre le système ougandais et le système international), 2 semaines de break professionnel pour nous, nous avons joyeusement suivi cette invitation à se mettre en mode « Polé, polé ! », », expression swahili pour dire « doucement, doucement ! »

Et que c’est bon de réduire le tempo pour mieux se retrouver, pour mieux savourer les moments simples de la vie (voir une illustration dans le Clin d’œil photo), pour mieux prendre conscience aussi des évolutions de ses enfants. Pas étonnant que notre « Coin des lecteurs » de ce mois mette à l’honneur une œuvre éloge à la flânerie.

Au milieu de tout cela, mais dans le même état d’esprit, une bien belle semaine à Zanzibar placée sous le signe de la découverte de cette perle insulaire aux multiples facettes (plus d’infos dans le Coin des Routards) et des retrouvailles puisque nous y avons retrouvé la maman de Géraldine. Séjour bercé tant par le son des vagues que celui tout aussi enchantant de la langue swahili, sans doute la plus italienne des langues africaines, qui nous a inspiré le titre de cet édito. Reportage en images sur ce séjour qui nous a charmés en cliquant ICI.

A présent, le cours normal de la vie a repris. Les enfants ont retrouvé le chemin de l’école et nous, avant eux, celui de nos travails respectifs (voir les aléas du terrain dans « le Zoom de la Coopération »). Mais dans un coin de nos têtes, le rêve pour 2019 d’un monde moins tourné vers la croissance et le toujours plus. Bref, un monde un peu plus « polé, polé » en quelque sorte.

Pour les amateurs d’images, on vous laisse sur d’autres photos des semaines écoulées.

On vous embrasse,

La HEES family

Notre hotte à rêves pour 2019 !

A quelques encablures de la nouvelle année, notre réunion de rédaction a été placée sous le signe d’un exercice onirique : « Pour 2019, quel rêve ai-je pour moi-même, pour ma famille et mes amis, pour le monde en général ? ».

Déballons ensemble cette « hotte à rêves 2019 » :

Un rêve de Romain est de pouvoir comme cette année passer une semaine dans son ancienne école de Floréal. Il rêve aussi « d’accueillir en Ouganda plein de gens et de voyager tous ensemble dans un grand bus ».

Anna-Lou rêve elle « que tous les gens qu’on connait viennent en Ouganda et qu’on fasse la fête tous les soirs avec eux ». Un rêve qui rejoint celui de son frère en somme. De bonne augure, car ne dit-on pas que rêver à plusieurs c’est le début de la réalité ? Pour sa famille et ses amis, Anna-Lou souhaite tout simplement que leurs propres rêves se réalisent. Et pour le monde, elle rêve que plus de gens fassent attention à la planète et que l’air de Kampala soit moins pollué.

Quant à Lola, elle rêve en 2019 de « faire un pas en avant dans sa créativité ». Pour sa famille et ses amis, elle souhaite « que chacun puisse s’épanouir à l’école ou au travail, être en bonne santé et savourer le plaisir de la vie ». Et son rêve pour le monde est « de voir les inventeurs faire plus attention pour que leurs inventions ne fassent pas de mal à la planète ».

Géraldine rêve d’arriver à mettre ses actes plus en cohérence avec ses aspirations profondes. Son souhait pour ses proches rejoint celui qu’elle formule pour le monde : « que chacun puisse mieux apprivoiser ses peurs ».

« Profiter pleinement en famille et dans son travail de notre « expérience ougandaise » est le vœu de Denis. Il souhaite à ses proches d’ « oser le changement ». Et il rêve d’un monde « moins matériel et plus naturel ».

Et vous, quels sont vos rêves ? Dans un esprit trait d’Union, n’hésitez pas à nous les partager.

Pour ce qui est des autres rubriques de cette édition, retrouvez quelques instantanés de nos dernières semaines.

  • Dans « le clin d’œil photos », retour sur un spectacle de Noël bien particulier à l’école Sadghuru.
  • Dans « le coin des routards », découvrez la course cycliste « ride the Rift ».
  • Dans « le coin des artistes », Fort Portal vous dévoile ses atouts culturels, avec la 4ème édition du « Jabulani Arts Festival ».
  • Dans le « Zoom de la Coopération », nous vous partageons des « visages et des sourires » de quelques-uns des « super farmers » ougandais bénéficiant de l’appui d’Iles de Paix. De quoi donner du cœur à l’ouvrage à ceux d’entre vous qui se mobiliseront en janvier pour la campagne Iles de Paix.
  • Enfin dans le « Coin des lecteurs », pas de livre cette fois, mais le partage d’un coup de cœur pour un magazine bien dans le thème du rêve de cet édito.
  • Et pour le résumé photos des semaines écoulées, il suffit de cliquer ICI.

Avant de vous retrouver en 2019, on vous laisse sur une citation tirée du spectacle présenté dans le clin d’oeil photos: “Christmas, it’s about loving, giving, caring and spending time together ! ».

Que cette période de Noël soit douce pour chacun de vous !

On vous embrasse,

La HEES Family

Partager bien plus que des couleurs !

Le mois de Novembre fut un mois particulièrement « trait d’Union » en Ouganda. Il marquait les 20 ans de présence d’une ambassade belge en Ouganda avec comme devise pour ces festivités, « Sharing more than colours ! », matérialisée par le logo

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Pour nous aussi, les semaines écoulées depuis notre dernière édition ont été très belgo-ougandaises. Denis devant rentrer pour participer aux « Rencontres automnales » d’Iles de Paix (voir plus d’infos dans le Zoom de la Coopération) durant la seconde quinzaine d’octobre, les enfants ont également retrouvé notre plat pays pendant 15 jours, tandis que Géraldine y est revenue pour une bonne semaine.

Pour les enfants, ce fut l’occasion de passer une semaine dans leur ancienne école de Floréal. Ce fut une expérience concrète de « Trait d’union » en partageant avec leurs anciens camarades leur expérience ougandaise, en se replongeant dans la langue de Vondel, en redécouvrant l’organisation d’une école urbaine belge (« C’était beaucoup plus bruyant. J’avais parfois l’impression d’être enfermée », dixit Anna-Lou) et en ramenant dans leurs bagages un peu de belgitude à partager avec leurs camarades ougandais.

Au menu belge également pendant ce séjour, un match des Diables Rouges « en vrai » comme dirait notre Romain dont c’était le cadeau de 5 ans, le musée des Schtroumpfs pour Lola et ses copains à l’occasion de son anniversaire, des activités scoutes pour les filles (« J’ai adoré le w-e lutins « Koh-Lanta ». C’est trop chouette d’avoir Charlotte comme sizainière », dixit Lola – voir aussi la rubrique l’Echo du Nord), des moments brefs mais toujours aussi énergisants avec familles et quelques amis, des premières rencontres magiques avec des nouveaux nés qui ont pointé le bout de leur nez.

Quant au menu des dernières semaines en Ouganda : pas mal de déplacements en semaine pour Géraldine aux 4 coins du pays, des « field trips » pour Anna-Lou avec sa classe (voir le coin des Routards), « métro/boulot/dodo, as usual » pour les autres et des week-ends passés relax à Fort Portal, avec des bricolages en pagailles pour les uns (voir le coin des artistes) et du jardinage pour les autres.

Retrouvez un peu de tout ça en images en cliquant ici.

Prenez soin de vous, vivez intensément, osez le changement (et si vous ne savez pas par où commencer, jetez un œil dans le coin des lecteurs) !

Et n’oubliez pas que « le 2 décembre, on ne peut pas, on a climat!». On compte sur vous. Pour vous motiver, voyez comment cette mobilisation résonne jusqu’en Ouganda en cliquant ici.

On vous embrasse !

La Hees family !

Bienveillance et ouverture pour gommer les différences !

En ce mois d’octobre, nous nous sommes prêtés au jeu d’un petit « café philo » familial sur la question de vivre en minorité.

Le point de départ était le suivant : même après un an de présence, difficile de se promener ici, sans déclencher des « Hé toi le Blanc » (« muzungu » en langue locale). Rappel que, de par notre couleur de peau, nous appartenons à une minorité ? De fait, les « Blancs » ne courent pas les rues par ici … C’est le cas aussi à l’école pour les enfants, ou dans nos emplois respectifs. Mais finalement, comment chacun de nous vit-il cette réalité ?

Après s’être entendu, sur ce que signifie appartenir à une minorité quelle qu’elle soit, chacun de nous a partagé en quoi cela résonnait avec sa vie en Ouganda. Tour d’horizon des réponses de nos chérubins:

Pour Anna-Lou, « moi dans ma classe, je suis en minorité car on est 6 filles par rapport à une quinzaine garçons ».

Romain lui estime plutôt faire l’expérience de la majorité car « à l’école, il y a plus de petits enfants de mon âge que de grands de l’âge de Lola ».

Quant à Lola : « Moi je me sens égale aux autres, même si en Belgique, je me sentais peut-être encore plus égale. En fait, c’est lors du cours de langue locale que je me sens en minorité. Mais ça a parfois du positif d’être en minorité, car quand il y a ce cours de langue locale, ma prof m’accorde plus d’attention. »

C’est vrai ça. Est-ce toujours négatif de faire partie de la minorité ?

Selon Anna-Lou, « c’est chaud et froid. Car c’est vrai que parfois quand on est en minorité, on s’occupe plus de nous. Mais si on fait du tir à la corde, je préfère être dans la majorité car on est plus fort si on est plus nombreux. »

Paroles d’enfants, paroles de sagesse … Ils nous rappellent que tout est une question de regard. La minorité est en soi une abstraction neutre. Elle peut même être vécue positivement si le regard porté dessus est bienveillant et accueillant. Bienveillance et ouverture, des armes fatales pour gommer les différences qui pourraient sembler sauter aux yeux.

En fin de compte, nous étions étonnés de constater que pour nos enfants, la couleur de peau n’apparaît pas spontanément comme un facteur de différenciation. Belle démonstration de combien le racisme est une construction mentale qui n’a rien d’inné, d’évident ou de rationnel.

Tout cela fait écho avec le livre (pièce de théâtre), « Celui qui se moque du crocodile, n’a pas traversé la rivière » qu’on vous avait présenté en mai dans le coin des lecteurs. Dans ce coin des lecteurs, retrouvez ce mois-ci quelque chose de plus léger avec le coup de cœur du moment de Lola.

Pour le reste, si vous avez l’âme d’un scientifique, faites un tour du côté du « Coin des artistes ».

Pour nos amis routards, découvrez aussi dans le coin qui porte votre nom pourquoi Fort Portal s’appelle Fort Portal.

Dans le Zoom de la Coopération, retrouvez en images des nouvelles des projets d’Enabel en Ouganda.

Comme toujours, dans le clin d’œil photos, on vous partage une image qui a capté notre regard. Ce mois-ci, il s’agit d’un vestige du passé.

Et comme le veut la tradition, pour les amateurs photos, retrouvez quelques instantanés du mois écoulé en cliquant ici

On vous embrasse,

La Hees Family

Agir au niveau micro pour des macros changements !

Et revoici une édition intégrale du Trait d’Union, un mois après le retour au complet de l’équipe de rédaction. Mi-Août les enfants, accompagné de leur grand-mère Mamounette, ont retrouvé le sol ougandais et en même temps la pluie et la fraîcheur des montagnes de Fort Portal. Non, l’Afrique ne rime pas toujours avec soleil et chaleur et la Belgique n’est pas nécessairement synonyme de pluie et fraîcheur.

Les clichés tombent et l’évidence du réchauffement climatique saute aux yeux. Des plus faibles en tous cas, premières victimes des phénomènes climatiques extrêmes. Malheureusement pas nécessairement des plus puissants.

Mais doit-on attendre d’eux qu’ils nous guident vers le changement radical auquel nous oblige le constat partagé par la plus grande partie de la communauté scientifique ? Damien Saez a-t-il raison quand il chante dans sa chanson « J’accuse » que l’homme ne descend pas du singe, mais qu’il descend plutôt du mouton ?

Non, ne cédons pas au fatalisme. Entrons au contraire en résistance comme nous y invite Cyril Dion dans son nouvel ouvrage remplis de conseils pratiques (Voir « le coin des lecteurs ») ? Et la bonne nouvelle, pour nous belges, c’est que nous avons prochainement une belle occasion pour nous y mettre. Petits belges que nous sommes, nous n’avons pas beaucoup de chance de convaincre Trump qu’être climato-sceptique, ça a un relent de cynisme. Mais inspirons-nous de villes comme San Francisco, New-York, Londres, Paris, Tokyo,  Quito, Varsovie, Buenos Aires, Le Cap qui s’engagent dans des transitions qui vont au-delà des Accords de Paris. Oui, nous avons en octobre, à portée d’urne, l’occasion d’ajouter Bruxelles, Liège, Anvers, Gand, Namur et bien d’autres à cette liste. Si les nations, trop proches des lobbys industriels et financiers tergiversent, c’est peut-être des villes que le déclic peut venir. Et si les villes ne bougent pas, agissons au niveau des quartiers.

Agir au niveau local pour forcer le changement, c’est aussi l’approche d’Iles de Paix dans sa mission, plutôt macro, de promouvoir des systèmes alimentaires durables et une alimentation responsable. Retrouver dans le « Zoom de la Coopération », quelques nouvelles des premières avancées tangibles dans nos zones d’interventions ougandaises.

Parmi les résistants et les acteurs du changement, les artistes sont bien souvent en première ligne. L’art, un moyen de mobilisation, bien souvent craint des puissants. Pas un hasard, si en Ouganda, Bobi Wine, un artiste apprécié des jeunes et récemment engagé en politique, a fait l’objet ces dernières semaines d’une répression sévère du pouvoir en place … depuis de 31 ans. A propos d’artistes, nos chérubins ont profité de la fin des vacances pour aller faire un atelier chez Albert, un artiste-peintre de Fort Portal (voir « le coin des artistes »).

Pour le reste, le mois écoulé a rimé avec escapades de fin de vacances (voir dans « Le coin des Routards », notre visite d’un hospice de chimpanzés), avec installation dans notre jardin de « Nintje », « Sisi », « Poulette », « Cacao » et « Cocotte » nos nouveaux amis lapins et poules, puis comme en Belgique, avec rentrée scolaire. A propos d’école, découvrez dans « L’écho du Nord », la vidéo que Lola et Anna-Lou ont eu l’occasion de partager fin juin avec leurs anciens camarades de l’école Floréal.

Retrouvez un peu de tout ça, dans le lien photos du mois.

Sur ce, on vous envoie plein de micro bisous pour vous dire qu’on pense macro fort à vous 😉

La Hees Family

Ici et là-bas

Amis trait d’unionistes,

Le silence a été long … Mais c’était pour mieux nous rapprocher de vous. Nous avons effectivement passé tout le mois de juillet en Belgique. Et à l’heure d’écrire ces quelques lignes, les plus jeunes membres de notre équipe de rédaction, accompagnés de leur grand-mère Mamounette, viennent seulement d’embarquer dans leur avion, direction l’Ouganda.  De notre côté, ça fait déjà une dizaine de jours que nous avons retrouvé notre « chez nous » de Fort Portal.

Mais « chez nous », c’est où en fait ? Ici ou là-bas ? Et pourquoi ne serait-ce pas autant ici que là-bas ?

Sans doute, cette dernière option est-elle la plus adéquate. Même si cela faisait déjà un an que nous avions pris nos quartiers en Ouganda, que notre regard sur une série de choses a pu changer, nous n’avons pas ressenti de « décalage » (sinon, un décalage lumineux plutôt agréable pour nous qui vivons proche de l’équateur!) en retrouvant notre Belgique natale. Enfants comme adultes, nous nous sommes directement sentis comme chez nous.

Durant ce mois de juillet, il y a eu des lieux de nature retrouvés (Quelles sont belles nos Ardennes ! Qu’on se sent bien dans le massif des Ecrins !), de moment culturels savourés (Que Bruxelles est belle !  Que c’est gai de flâner dans des librairies achalandées !), des terrasses ensoleillées, des barbecues épicés, des feux de camp scouts pour les filles, des soirées endiablées (Come on Eden !), … mais surtout des retrouvailles magiques avec vous, famille et amis. Celles-ci se sont faites comme si on reprenait une conversation arrêtée la veille. Merci pour toute cette magie partagée qui réduit les distances entre ici et là-bas. On en a rempli nos bagages !

On vous laisse sur le lien photos de ce mois de Juillet :

https://www.dropbox.com/sh/joupwrka50tytdk/AADt06ZvuXberhKs6wFVuggIa?dl=0

A très vite pour une édition complète de notre blog avec de nouvelles aventures ougandaises !

D’ici là, on vous embrasse

Den & Gé … qui décomptent les heures avant de retrouver le trio magique 😉

Indignons nous !

Même si le déracinement modifie sans doute le regard porté sur le cours des choses, être expatrié ne signifie pas vivre coupé des événements qui secouent son pays d’origine.

Le décès de la petite Mawda nous a particulièrement touché durant ce mois de mai … Les réactions politiques qui ont suivi l’événement tragique nous ont secoués, interpellés … avec ce sentiment malsain de voir de nouvelles étapes franchies dans l’acceptation d’un discours toujours plus déshumanisant.

Comme le recommandait Stéphane Hessel dans son ouvrage à succès publié en 2010, ne devons-nous pas urgemment réapprendre à nous indigner ? Nous indigner face à ces discours simplistes qui tendent à criminaliser le migrant, nous indigner de voir dans le même temps notre pays s’écarter de plus en plus de son engagement international de consacrer 0,7% de son revenu national brut à l’aide au développement (plus d’infos à ce sujet dans le Zoom de la coopération). N’est-il pas paradoxal de voir nos gouvernements durcir leur politique migratoire et dans le même temps réduire les moyens consacrés pour s’attaquer aux causes profondes des migrations ? Non, le repli identitaire n’est pas la solution aux enjeux de notre monde. Ceux-ci appellent au contraire à toujours plus de solidarité et de coopération.

Loin de cette actualité tragique, notre vie ougandaise a suivi son cours, avec encore de belles découvertes que nous vous partageons dans les diverses rubriques de notre blog.

Pour les amateurs de danse de traditionnelle, on ne peut que vous recommander d’aller faire un tour du côté du coin des artistes. Vous y découvrirez un Romain dans tous ses états.

Le mois de mai nous a aussi réservé une pépite bédéphile à découvrir dans le coin des lecteurs.

Cette semaine, les enfants ont même eu des surprises venues du ciel qu’ils vous font découvrir dans le clin d’œil photo.

Nous avons aussi commencé à préparer tout doucement notre premier retour en Belgique, en affinant notre condition physique à l’occasion du triathlon de Fort Portal, ou encore en prenant part à un « w-e belge » organisé dans un chouette endroit que nous vous faisons découvrir dans le coin des routards.

Retrouvez le résumé photos des dernières semaines via le lien suivant :

https://www.dropbox.com/sh/xm90vp3ftz2mwjz/AADIbJRI1HXAA3SlLWrxjxvha?dl=0

A l’heure de publier cette édition du Trait d’Union, il nous reste deux semaines avant d’embarquer vers Zaventem. Et dire qu’on sera en Belgique pour fêter la première Coupe du Monde de notre pays 😉

D’ici là, on vous envoie plein de bises ougandaises virtuelles,

La HEES Family

Le manque, boussole pour nous guider vers l’essentiel !

Edito un peu particulier pour ce mois de mai, résultat d’une réunion de rédaction particulière. Plutôt que de discuter de ce qui nous avait marqué durant le mois écoulé, notre réunion fut l’occasion d’un « café philo » autour de l’expérience du « manque ». Car s’expatrier, quitter ses racines, ses habitudes, son confort, c’est aussi se frotter par moment au « blues ».

Mais le manque, c’est quoi ? Une émotion, un sentiment ?

Lola nous permet d’y voir plus clair : « Une émotion c’est quelque chose que tu ressens sur le coup. Comme content, pas content ». Et Anna-Lou de compléter « Le manque, ça peut rester longtemps », La notion de durée est de fait une différence entre émotion et sentiment. Car renseignement pris, on découvre qu’une émotion est une réaction physiologique spontanée face à une situation particulière, là où le sentiment est une construction mentale. Nous décidons donc de classer le manque du côté des sentiments, tout en s’amusant à nous rappeler les 7 émotions de base qui existent : la joie, la peur, la tristesse, la colère, la honte, le dégoût, la surprise.

Cette distinction nous permet de mieux comprendre la participation très relative de notre Romain à cette réunion de rédaction. Le manque est peut-être une construction mentale dont on est « préservé » avant un certain âge ?

Mais comment avons-nous les uns les autres expérimenter le manque depuis notre départ de Belgique ? Qu’est-ce qui nous manque le plus ?

La première réponse spontanée semble transcender les âges. A Anna-Lou qui s’écrie « Mes amis, mon école », Lola répond « Pour moi, c’est l’amitié et la famille. Il y a une grosse différence entre l’amitié en Belgique et en Ouganda », et Géraldine et Denis de compléter par  « Partager le quotidien de nos amis, de nos familles ».

Puis, ça part un peu dans tous les sens : « Il y a aussi le chocolat, dans le manger et les gros toboggans à la piscine » (Anna-Lou), « Oui, le chocolat et les bonbons. Mais aussi les livres et c’est aussi plus compliqué de trouver du matériel de bricolage » (Lola), « Un accès facile et varié à la culture » (Géraldine), « Le fait de pouvoir pratiquer régulièrement un sport collectif comme le football » (Denis).

Mais en fait, « il y a du pour et du contre dans chaque pays » (Lola) et « parfois il y a des choses mieux dans un pays que dans un autre » (Anna-Lou). Puis on se rend aussi compte qu’il y a aussi des choses qui ne nous manquent pas. Au fait, en Belgique on avait une télévision ?

Tiens donc, le manque est-il toujours négatif ou peut-il nous apprendre quelque chose ? Sans doute, aurions-nous eu des réponses très différentes et une liste bien plus longue si on avait eu cette discussion il y a 6 mois de cela. Le manque,  avec le temps qui passe, deviendrait donc comme une boussole qui nous guide vers l’essentiel, qui nous aide à savourer plus intensément ce qui nous nourrit en profondeur.

C’est vous dire comme on se réjouit de passer du temps avec les uns les autres en juillet lors de notre premier retour en Belgique (on restera grosso modo tout le mois de juillet). Et oui, nos tickets sont bookés !

Et pour le reste de cette édition du Trait d’Union :

  • Dans le « Coin des lecteurs », découvrez quelques pépites de la littérature africaine.
  • Grâce au « Coin des routards », le concept de « lazy camping » n’aura plus de secrets pour vous.
  • Dans le « clin d’œil photo », vous verrez comment une famille de « muzungus » (les blancs en langue locale) fait rire les ougandais.
  • Du côté du « Zoom de la coopération », retrouvez un extrait du dernier numéro de Transitions, trimestriel édité par Iles de Paix, qui résument les premières avancées enregistrées sur le terrain en Ouganda.
  • Et pour les amateurs de dessins, aller faire un tour du côté de « L’écho du Nord » pour découvrir l’œuvre de Joseph (un ami d’Anna-Lou, de son école en Belgique) ou encore des oiseaux particuliers dans le « Coin des artistes ».

Et comme le veut la tradition, vous pouvez aussi découvrir notre mois d’avril en images via le lien suivant :

https://www.dropbox.com/sh/oypke4lw39qzu6g/AAA6AMbZ9Sho8v3vhMZ3QNZYa?dl=0

Bonne lecture !

La HEES Family