Pépites de littérature africaine

Ce mois-ci, nous avons baigné dans la littérature africaine grâce à François, Noëlle et Nicole qui nous ont fait parvenir quelques pépites (merci à eux ;-)). Parmi la dizaine de livres, nous avons épinglé ces trois-ci :

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Nous vous recommandons cette petite brique (670 pages quand même) pour agrémenter votre été, quand vous aurez un peu de temps devant vous. AMERICANAH nous fait découvrir l’Amérique à travers les yeux de Ifemelu. Cette jeune nigérienne, cultivée, se rend à Philadelphia pour y faire ses études et y restera une dizaine d’année. Elle nous raconte le défi de rester soi-même quand on change de pays. Elle y découvre aussi que la couleur de peau a plus d’importance qu’elle n’aurait pu l’imaginer.

A travers ces yeux, on découvre combien la question de la « race » possède une dimension particulière en Amérique – très différente de celle qu’on connait en Europe. Même si le racisme est présent sur les deux continents, il se présente sous des visages différents.

Au pays, elle a laissé son grand Amour, Obinze. Lui aussi est un narrateur de l’histoire. Il nous emmènera en Angleterre puis de retour au pays, il nous fera découvrir l’évolution du Nigeria en une dizaine d’année seulement.

Un chef d’œuvre écrit par une intellectuelle engagée. Une histoire d’Amour sur fond d’exil, de quête identitaire et de couleur de peau.

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Nous avons retrouvé avec plaisir cet auteur qui nous avions découvert au Burkina avec son roman « Le roi du Kahel ». Dans « le Bled », l’auteur nous emmène en Algérie dans les années 80. Dans un contexte très religieux, Zoubida a commis le pêché d’avoir un enfant hors mariage. Cette jeune femme ne pourra que compter sur son courage et sa détermination pour faire face à l’obscurantisme et à la violence des hommes. L’auteur, originaire de Guinée, manie la plume avec vivacité, humour et intelligence. Un plaisir à lire !

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Pièce de théâtre actuelle et dynamique. Dialogue entre un belge et un camerounais qui se rencontrent et se lient d’amitié. Pour se connaitre, ils ont dû l’un et l’autre, traverser la rivière…. Tous deux confrontés, à titre professionnels et privés à l’Autre ; à la difficulté de comprendre et de se faire comprendre.

En quoi leur amitié a été bousculée par leur passé historique commun : l’esclavage d’abord, la colonisation ensuite, sans oublier de s’interroger sur la situation, le post-colonialisme et l’actuelle et honteuse exploitation des ressources des pays dits du tiers monde… c’est ce que nous fait découvrir cette belle ode à l’amitié.

Si la littérature africaine vous tente, nous vous recommandons aussi « La vache du Roi Musinga et autres nouvelles rwandaise » de Scholastique Mukasonga, « Loin de mon père » de Véronique Tadjo ou encore « Un océan, deux mers, trois continents » de Wilfried N’sondé.

La déforestation racontée aux enfants

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Un livre sans texte, mais pas sans message. Les dessins parlent d’eux-mêmes et permettent à l’enfant de se construire son histoire. Voici celle d’Anna-Lou :

« C’est l’histoire d’un Monsieur qui voulait toujours faire plus de maisons. Il en fait tellement que l’éléphant ne sait plus où se cacher. Il y a de moins en moins de nature. Et comme l’éléphant est un herbivore, il est obligé de s’en aller »

Nos grands-parents, ces héros du Zéro Déchet

 

 

Tant dans sa version « Zenfants » ou que dans sa version pour adultes, le « presque zéro déchet » est un livre engagé qui amène à réfléchir, sans moralisme (le mot « presque » est important) et avec humour, sur notre mode de consommation.  Bourré de conseils pratiques, le livre fait mouche chez les petits et les grands pour un passage à l’action ! Bref, une lecture à recommander à tous les âges.

En Belgique, nous avions déjà fait nos premiers pas en mode « presque zéro déchet », notamment grâce à la lecture de la version enfants du livre, reçue par Lola de sa copine Louise. Ici en Ouganda, on a pu faire un bond en avant. Loin des grandes surfaces, plus proche de la nature, notre poubelle s’est considérablement réduite. Et la lecture de la version adulte du livre nous donne des pistes pour aller plus loin.

Ce qui est amusant, c’est qu’il y a plein de portes d’entrée pour s’avancer sur ce chemin. A chacun de trouver, celle qui lui parle le plus.

Ce qui est enthousiasmant, c’est qu’en mettant les enfants dans la boucle, c’est très vite eux qui nous challengent pour aller plus loin.

Ce qui est humanisant, c’est que c’est un chemin qui nous permet de recréer du lien social, pas seulement avec nos contemporains, mais aussi avec ceux qui nous ont précédés sur le Terre. Car nos grands-parents étaient en fait, sur beaucoup d’aspects, des héros du Zéro Déchet !

 

 

 

 

 

 

 

Histoire de Sainte, histoire de « petits diables » !

bakhitaL’histoire de Bakhita est bouleversante et romanesque tant elle semble au-delà du réel. Bakhita, c’est cette petite fille soudanaise, capturée à l’âge de 6 ans pour devenir esclave (on est alors en 1870) et devenue religieuse en Italie où elle décède en 1947, avant d’être canonisée en 2000. Dans ce roman bouleversant, Véronique Olmi trouve les mots pour dire la souffrance, l’horreur, l’abjection des hommes, autant que la beauté, la bienveillance et l’amour de Bakhita. On vous le recommande chaleureusement !

 

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Tom-Tom et Nana, c’est le coup de cœur littéraire de Lola et Anna-Lou en ce début d’année. Un frère et une petite sœur jamais en manque d’imaginations pour faire enragés leurs parents, faire rire leurs amis ou surprendre leurs professeurs !

L’éducation pour construire le monde de demain

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Un livre rafraîchissant, rempli de conseils pratiques, pour alimenter des chouettes discussions avec ses enfants. Frédéric Lenoir reprend à son compte le principe de Montaigne selon lequel il vaut mieux des enfants avec une tête « bien faite » qu’avec une tête « bien pleine ». En racontant l’expérience vécue avec des enfants des 4 coins du monde, l’auteur nous rappelle l’extraordinaire capacité des enfants dès l’âge de 6 ans à questionner le monde, à s’interroger, à s’émerveiller, à réfléchir, à confronter leurs raisonnements, bref à philosopher.

 

photo alvarez « Les lois naturelles de l’enfant sont des invariants pédagogiques. Par définition, ils ne varient pas, ils sont communs à tous les êtres humains et transcendent donc l’idée de méthode. Ils devraient devenir le dénominateur commun universel de toute proposition éducative visant à épanouir et à respecter les pleins potentiels humains. Ces grands principes respectent notre fonctionnement naturel plutôt qu’ils ne le répriment. Sortons de cet ancien monde qui a pris pour habitude de soumettre les lois de la vie à sa propre volonté, à ses idées ou à ses croyances. Entrons à l’inverse dans une démarche de connaissance et de co-opération avec les lois naturelles, faisons le choix de l’humilité, revoyons nos habitudes et construisons le monde de demain : des merveilles insoupçonnées nous attendent. « 

Apprivoiser nos peurs et la magie de la poésie enfantine 

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Nous voudrions vous partager un livre qui nous a accroché cet été : CONTINUER de Laurent Mauvignier.

Il s’agit d’un roman. D’une histoire entre une mère et son fils, partis faire un voyage à cheval au Kirghizistan afin de renouer avec le fil de leur vie. Cela parle de la vie, de l’amour, de la mort, le rejet de l’autre et de la difficulté de grandir dans le monde d’aujourd’hui où de nombreux comportements sont dictés par la peur.

Extraits choisis :

« Est ce qu’il sait qu’accepter les musulmans ça ne veux pas dire devenir musulman ? Qu’accepter les pédés ce n’est pas devenir pédés ? Comme si les autres, il avait peur d’être contaminés par eux, comme si les discours qui la révoltent en France n’étaient pas tant le rejet de l’autre que la peur de se diluer en l’autre, de devenir l’autre ; comme si au fond, leurs discours racistes c’était juste l’incertitude de soi, la peur de ne pas savoir être soi-même et d’être capable de le rester face aux autres. Comme s’il fallait toujours penser la relation dans la domination ou la soumission. »

 » Si on a peur des autres, on est foutu. Aller vers les autres, si on ne le fais pas un peu, même un peu, de temps en temps, tu comprends, je crois qu’on peut en crever. Les gens, mais les pays aussi en crèvent, tu comprends, tous, si on croit qu’on a pas besoin des autres ou que les autres sont seulement des dangers, alors on est foutu. Aller vers les autres, c’est pas renoncer à soi ».

L’écriture est facile, rythmée, elle coule comme une discussion. Le roman est bien construit et l’intrigue subtile.

Bref, nous vous le recommandons tout comme François nous l’a recommandé (merci papa).

 

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Magnifique livre pour enfant traduit du coréen. Le dessin et les couleurs sont lumineuses et contribuent à créer un univers poétique subtil. Le livre a fait mouche tant auprès de Romain (4ans) que d’Anna-Lou (6ans). Merci Nanou et Pépilo pour cette belle découverte !

Un lien vaut mieux que deux tu liras

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Les Tisserands

Un livre plein d’optimisme que nous avions découvert l’été dernier. Le genre de livre qui se lit rapidement, puis qui se vit au fil du temps. C’est qu’on ne devient pas tisserands du jour au lendemain 😉

 

 

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Les animaux de la savane, raconté aux enfants

Un bien beau bouquin illustrés de photos magnifiques. Anna-Lou adore s’y plonger pour y découvrir plein d’anecdotes et le nom des drôles d’animaux que nous découvrons ici. Merci Gaia et Francesco pour cette belle découverte !

Premiers pas de bédéphile, premiers pas d’agriculteur

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Lola vous présente ses compagnons de lecture de ce mois d’août. Serait elle déjà atteinte du virus de la BD ? Drôle et accessible, c’est un très bon choix pour initier à la BD et au second degré. Il nous a été recommandé par sa marraine. Merci Dona !

001.jpgBien plus qu’un livre sur l’agriculture … « La révolution d’un seul brin de paille » est une invitation à nous interroger sur le lien entre l’homme et la nature, sur la notion de progrès, sur la vie en fin de compte.

« Masanobu Fukuoka a compris que nous ne pouvions pas isoler un aspect de la vie d’un autre aspect. Quand nous changeons la manière de faire pousser notre nourriture, nous changeons notre société, nous changeons nos valeurs … »

Extraits choisis :

« L’extravagance du désir est la cause fondamentale qui a conduit le monde à sa difficile situation actuelle. Rapidement plutôt que lentement, trop plutôt que pas assez, ce « progrès » tape-à-l’oeil (…) n’a servi qu’à séparer l’homme de la nature. L’homme doit cesser de désirer la possession matérielle et le gain personnel et à la place il doit se tourner vers la prise de conscience spirituelle »

« Je n’aime pas particulièrement le mot « travail ». Les êtres humains sont les seuls animaux qui ont à travailler, je pense que c’est la chose la plus ridicule au monde. Les autres animaux gagnent leur vie en vivant, mais les gens travaillent comme des fous, pensant qu’ils doivent le faire pour rester en vie. Plus le travail est important, plus le défi est grand, plus ils pensent que ce travail est formidable. Il serait bon d’abandonner cette manière de penser et de mener une vie facile et confortable avec beaucoup de temps libre. Je pense que la manière dont vivent les animaux sous les tropiques, sortir le matin et le soir pour voir s’il y a quelque chose à manger, faire une longue sieste l’après-midi, doit être une vie formidable. »

 

Cornebidouille et la fripouille

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L’histoire d’un petit garçon téméraire qui tient tête à la terrible sorcière Cornebidouille pour ne pas manger sa soupe. A lire et à relire ! Coup de coeur littéraire de Romain (bientôt 4 ans)

 

 

Et pour la route, une petite phrase glanée au détour de l’écoute de Louis Chedid :                » Chaque jour est une vie ! «