Namaskaram

Ce mois-ci, le coin des routard ne vous emmènera pas très loin. Kampala se situe à 300 km de Fort Portal. C’est une ville animée et embouteillée, qui regorge de bons restos et de quelques bons plans. Mais ce n’est pas tant la ville mais plutôt la raison de notre déplacement « entre filles » que nous voulions vous partager.

Mi-janvier, les filles et une quinzaine d’autres enfants de leur école ont participé à un week-end Yoga organisé par la fondation ISHA à Kampala. Géraldine a accompagné ce petit groupe pour donner un coup de main logistique à l’organisation de cette excursion « pas comme les autres ».  Au programme de ces 3 jours: une session quotidienne de yoga intensif (de 3 à 4  heures), des jeux et une sortie en bateau sur le lac Victoria. Lors des sessions de yoga, les enfants ont appris des postures aux noms exotiques tels que le Patangasana (butterfly), le Shishupalasana (Roch your baby) et le Nadi Vibhajan (cat strech).

Il faut dire que le Yoga fait partie intégrante de l’approche pédagogique de l’école des enfants. Chaque jour, 40 minutes de Yoga sont prévues au programme. Entre le cours de math et le cours de musique, cela leur permet d’augmenter leur concentration et installe aussi un climat serein dans l’école. Si cette approche pédagogique nous parait innovante/alternative, elle l’est encore plus pour les enfants ougandais. Pour cette raison, l’école fait face à une certaine méfiance de la part des populations locales. Mais lorsque les familles ont compris qu’il ne s’agissait pas d’une nouvelle religion ou d’une pratique sectaire, elles sont étonnées des effets positifs du yoga sur le développement de leur enfants. Nous partageons cet enthousiasme.

 Namaste !

 

Nos grands-parents, ces héros du Zéro Déchet

 

 

Tant dans sa version « Zenfants » ou que dans sa version pour adultes, le « presque zéro déchet » est un livre engagé qui amène à réfléchir, sans moralisme (le mot « presque » est important) et avec humour, sur notre mode de consommation.  Bourré de conseils pratiques, le livre fait mouche chez les petits et les grands pour un passage à l’action ! Bref, une lecture à recommander à tous les âges.

En Belgique, nous avions déjà fait nos premiers pas en mode « presque zéro déchet », notamment grâce à la lecture de la version enfants du livre, reçue par Lola de sa copine Louise. Ici en Ouganda, on a pu faire un bond en avant. Loin des grandes surfaces, plus proche de la nature, notre poubelle s’est considérablement réduite. Et la lecture de la version adulte du livre nous donne des pistes pour aller plus loin.

Ce qui est amusant, c’est qu’il y a plein de portes d’entrée pour s’avancer sur ce chemin. A chacun de trouver, celle qui lui parle le plus.

Ce qui est enthousiasmant, c’est qu’en mettant les enfants dans la boucle, c’est très vite eux qui nous challengent pour aller plus loin.

Ce qui est humanisant, c’est que c’est un chemin qui nous permet de recréer du lien social, pas seulement avec nos contemporains, mais aussi avec ceux qui nous ont précédés sur le Terre. Car nos grands-parents étaient en fait, sur beaucoup d’aspects, des héros du Zéro Déchet !

 

 

 

 

 

 

 

Sofia, Sabla, David

Les voilà repris par les courants puissants, violents  et irrésistibles de la « Migration », ce long fleuve qui traverse l’Afrique et qui, sans s’arrêter à la mer méditerranée, remonte jusque chez nous. Rien ni personne ne semble pouvoir l’endiguer.

Je viens de les déposer à la gare du Nord, où ils vont tenter de se protéger du froid qui revient et de reprendre la route vers la terre promise britannique.

On ne saura pas grand-chose d’eux. Qu’ils sont partis d’Addis-Abeba (Ethiopie), qu’ils fuient la tyrannie du régime et les conflits interethniques qui déchirent leur pays, qu’ils ont traversé le Soudan, le désert libyen, la méditerranée dans un bateau de fortune, qu’ils ont laissé leurs empruntes en Italie, pays vers lequel ils seront refoulés si les forces de l’ordre leur mette la main au collet.

Ils se trouvaient hier soir au parc Maximilien, avec beaucoup d’autres. Et j’étais là avec beaucoup d’autres « hébergeurs » (comme on les appelle maintenant). Je proposais deux places ; ils étaient trois. Il ne fallait pas faire mentir le dicton ; donc on a rajouté un couvert et un couchage.

Accueillir, en réalité, ce n’est pas si compliqué. Juste surmonter ses résistances à partager son toit avec des inconnus. Mais une fois la porte ouverte, tout est assez simple, même si les différences linguistiques compliquent un peu les échanges. Pas besoin de se parler pour comprendre que ca fait du bien un bon repas, une bonne douche chaude, un sauna encore plus chaud, une bonne nuit réparatrice sur un matelas moelleux, un petit déjeuner copieux, une connexion wi-fi qui permet les liaisons Wattsapp, quelques vêtements chauds pour affronter l’’hiver.

Et puis arrive l’heure de se séparer. De les ramener là où tu les as recueillis. De les remettre dans le froid sous les flocons qui pointent le bout de leur nez. De le relancer sur le chemin de l’errance. De les replonger dans le fleuve impétueux de la « Migration ». La culpabilité qui s’infiltre dans tes tripes. Les questions qui se bousculent et qui te renvoient à ton impuissance.  «  Quel sens cela a-t-il ?  Est-ce que cela sert à quelque chose ? »

Juste une goutte d’humanité, juste un peu d’espoir d’un monde plus fraternel, juste un trait d’union.

Saint Gilles , le 4 février 2018

 

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Mobilisation générale !

 

Et oui,  c’est vous tous qui vous êtes mobilisés en ce mois de janvier à l’occasion de la campagne Iles de Paix que nous souhaitons mettre à l’honneur. Merci pour les photos partagées pendant ce week-end de janvier placé sous le signe de la solidarité. Vous êtes de magnifiques acteurs de terrain !

 

Moins de biens, plus de liens !

Janvier, c’est souvent le mois des nouveaux départs, des nouveautés, des bonnes résolutions. Notre premier de mois de janvier ougandais n’a pas échappé à la règle.

A épingler au rang des « nouveaux départs », la rentrée scolaire pour les enfants. Eh oui, ici en Ouganda, la nouvelle année scolaire commence en janvier. Et pour bien débuter l’année, Anna-Lou et Lola ont eu l’occasion de partir le temps d’un week-end prolongé en excursion scolaire placée sous le thème du yoga à Kampala (plus d’infos dans « le coin des routards »).

Nouveau départ également pour Géraldine qui a signé un contrat de 18 mois pour travailler en Ouganda (et principalement depuis Fort Portal !) pour Enabel. Enabel, nouveau nom depuis le 1er janvier pour la Coopération Technique Belge pour qui elle travaillait avant notre départ.

Ceci nous amène à vous parler des nouveautés. Car ce nouveau défi professionnel pour Géraldine nous amène à modifier quelque peu notre blog. Le « Zoom Iles de Paix » portera désormais le nom de « Zoom de la Coopération », permettant d’alterner des informations sur le programme Iles de Paix et sur les activités d’Enabel en Ouganda. Pour ce mois, Iles de Paix sera encore à l’honneur, avec des acteurs de terrain un peu particulier. Mais début mars, Géraldine vous en dira plus sur Enabel.

Toujours du côté des nouveautés, notre blog dispose désormais d’une nouvelle rubrique intitulée « L’écho du Nord », qui nous permet de publier des contributions reçues de nos lecteurs belges ou d’ailleurs. Une rubrique « Trait d’Union » par excellence! Pour inaugurer cette rubrique, faisant écho à notre dernier édito, nous publions le partage par François de son expérience d’ « hébergeur » de migrants.

Enfin, du côté des bonnes résolutions, pour ceux qui seraient encore en recherche, n’hésitez pas à aller faire un tour du côté du « coin des lecteurs ». Eh oui, nous y mettons à l’honneur le mouvement « (Presque) Zéro déchet ». Visiblement le mouvement est en marche en Belgique. Réjouissant d’entendre les uns nous raconter avoir décidé pour cette année de fabriquer eux-mêmes leurs produits de nettoyage et autres cosmétiques, les autres nous partager leur décision de se passer de leur voiture personnelle pour préférer un système de voiture partagée. Vive l’économie du partage et le monde de la récup ! A ce propos, nous avons découvert un « repair café » à Fort Portal. Chaque dernier samedi du mois, un atelier de couture participatif permettant de réparer ses vêtements plutôt que de les jeter. Et comme souvent, toutes ces initiatives sont aussi l’occasion de créer du lien. Car comme dirait l’autre : « Moins de biens, plus de liens !».

On vous laisse sur notre traditionnel lien photos du mois :

https://www.dropbox.com/sh/8ifhldr93lkbblt/AABvqBkufsfzyYfUedBMXn7Da?dl=0

Et on vous envoie un peu de soleil ougandais. Il se raconte que vous en manquez en Belgique 😉

 La Hees Family

Ciboulette, un clown belge en Ouganda

Lors de notre réunion de rédaction, les enfants ont voté à l’unanimité pour élire « Ciboulette » comme artiste du mois écoulé. « J’ai fort aimé le spectacle de Ciboulette – Mamounette. Surtout qu’elle l’a fait en anglais », dixit Anna-Lou

Le clown Ciboulette, fraîchement débarqué de Belgique, a en effet fait sensation lors de son spectacle à l’école Sadghuru. Il a réussi à ravir le cœur des enfants ougandais, au départ surpris par cet art inhabituel dans cette partie du monde, et à faire la fierté du trio belge.

Souvenirs en images :

Histoire de Sainte, histoire de « petits diables » !

bakhitaL’histoire de Bakhita est bouleversante et romanesque tant elle semble au-delà du réel. Bakhita, c’est cette petite fille soudanaise, capturée à l’âge de 6 ans pour devenir esclave (on est alors en 1870) et devenue religieuse en Italie où elle décède en 1947, avant d’être canonisée en 2000. Dans ce roman bouleversant, Véronique Olmi trouve les mots pour dire la souffrance, l’horreur, l’abjection des hommes, autant que la beauté, la bienveillance et l’amour de Bakhita. On vous le recommande chaleureusement !

 

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Tom-Tom et Nana, c’est le coup de cœur littéraire de Lola et Anna-Lou en ce début d’année. Un frère et une petite sœur jamais en manque d’imaginations pour faire enragés leurs parents, faire rire leurs amis ou surprendre leurs professeurs !

Soutenez la campagne Iles de Paix !

La campagne Iles de Paix, c’est quoi ? Vous connaissez les petits modules Iles de Paix ? Mais oui, ce sont ces petits bonhommes en plastique qui aiment à se donner la main.

Eh bien, la campagne Iles de Paix, c’est le week-end de l’année (en général le deuxième week-end de janvier) où plus de 40.000 bénévoles se mobilisent aux 4 coins de la Wallonie et de Bruxelles pour inviter à un geste de solidarité en vendant les modules (mais aussi depuis l’an dernier bracelets et cette année essuies de vaisselle) au profit d’Iles de Paix.

Cette mobilisation citoyenne, c’est l’une des forces d’Iles de Paix. Elle permet à l’ONG de lever les ressources propres nécessaires pour mener à bien ses actions de promotion de l’agriculture familiale durable.

Découvrez en images un message d’encouragement en direct de Fort Portal : https://www.dropbox.com/s/pq4wk8f9dpp9hwl/ouganda1.mp4?dl=0

Acheter un paquet de modules (5 eur), c’est construire une chaîne invisible de solidarité entre la Belgique et des familles d’agriculteurs béninois, burkinabé, péruvien, tanzanien et ougandais.

Alors, faites bon accueil aux bénévoles Iles de Paix que vous croiserez dans les rues les 12, 13 et 14 janvier prochains !

 

Pour ceux qui aiment les vidéos, retrouvez aussi le message d’encouragement :

Noël au parc National de Murchison

Kampala, samedi 23 décembre 2017. 5h45 AM. Il faut déjà se lever après une courte nuit de 5 heures à peine. Pas vraiment de quoi absorber le trop plein de fatigue de ton voyage de la veille qui t’a arraché à la grisaille bruxelloise et à une longue année de travail.

Il faut se mettre en route de bonne heure pour quitter la capitale ougandaise avant les confitures de traffic (embouteillages) qui engluent cette ville de manière quasi permanente. En voiture pour le parc national de Murchison. Direction Gulu sur 200 kilomètres. Ca grouille de partout : piétons, vélos, motos, camionnettes, camions, poules, chèvres, singes : faut faire super gaffe.

Pause à mi parcours pour une visite au sanctuaire des rhinocéros (en voie de réimplantation en Ouganda d’où ils avaient disparu il y a 40 ans). Après une approche guidée par un ranger de la réserve, en voici 3 à 25 mètres de nous, occupés à faire la sieste. Des fois que tu en douterais encore, là, tu réalises que tu es au cœur de l’Afrique, moins de 24 heures après ton départ.

On reprend la route, direction Masindi : 120 kilomètre de route puis 80 kilomètres de piste vers Parra. Le routard se transforme en pistard. Péage à l’entrée du Parc au milieu de la forêt et accueil par une colonie de babouins. Arrivée vers 15h au Murchison River Lodge.

L’endroit est délicieux et charmant, malgré la chaleur du milieu de l’après midi. Installation et repos dans nos tentes – bungalows. Un plongeon dans la piscine pour se rafraîchir. Apéritif à 18h au soleil couchant en léger surplomb du Nil qui coule majestueusement le long de notre campement. Après le repas du soir, tu t’endors dans la cacophonie nocturne de la savane : grillons, grenouilles, chauve souris, rapaces du nuit, singes s’interpellent et se répondent. Vive les boules Quiès.

Chacune de nos trois journées dans le Parc est consacrée à une activité majeure :

  • Ballade au bord des chutes de Murchison où les eaux du Nil dévalent puissamment par-dessus de falaises d’une bonne cinquantaine de mètres dans un tohu-bohu assourdissant et un nuage d’embruns rafraîchissant.
  • Safari dans la steppe à la recherche des grands animaux sauvages : éléphants, girafes, buffles, hyène, chacal, antilopes en pagaille. Il n’y aura finalement que les lions qui auront échappé à nos regards insatiables
  • Une ballade en bateau sur le Nil pour découvrir des dizaines de sortes d’oiseaux de toutes les tailles et de toutes les couleurs ; sur les berges se vautrent les crocodiles et viennent se désaltérer les antilopes ; dans l’eau, au bord des rives, barbotent des colonies d’hippopotames.

La soirée du 24 décembre sera animée par une troupe de danseurs et de chanteurs venue faire la farandole autour du feu de camp. Tout le monde en piste pour un joyeux Noël sans sapin ni traîneaux mais avec beaucoup de joie, de rythme et de gratitude d’être là, immergés dans la nuit africaine remplies de milles étoiles et éclairée par une grosse lune bedonnante.

François