Coup d’envoi des activités sur le terrain

En ce mois d’octobre, les activités sur le terrain se sont bel et bien lancées. Ces premières étapes sont clés pour bien définir les objectifs poursuivis par le programme, expliquer ce que les participants peuvent en attendre mais aussi ce que cela impliquera comme engagement de leur part.

Cela s’est traduit par la mobilisation et sensibilisation des communautés des villages concernés par le programme, l’identification et l’enregistrement des familles souhaitant participer au programme et la mobilisation des autorités locales.

Cette question de l’implication des autorités locales, même si elle peut parfois alourdir le processus au démarrage, est un élément clé dans la stratégie d’intervention d’Iles de Paix. Elle participe à la durabilité des résultats au-delà la période visée par le programme. Et oui, les « graines d’impact » doivent se semer au plus vite pour augmenter leur chance de prendre racine !

L’implication des autorités locales s’est notamment concrétisée par leur participation au lancement officiel du programme dans nos deux zones d’intervention. Des événements haut en couleurs, organisés par nos partenaires en charge de l’exécution du programme, qui ont été l’occasion pour moi de me familiariser au protocole local.

Illustrations en images :

Mériter la confiance

Bien démarrer un programme de coopération nécessite de partir directement sur de bonnes bases en matière de gestion administrative et financière. La formation des équipes sur cet aspect est d’autant plus important quand on démarre dans un nouveau pays et donc avec de nouveaux partenaires avec qui tout est encore à construire.

La formation organisée ce mois  avec l’appui de mon collègue Julien venu de Huy était donc un moment clé. Au programme, formation des équipes administrative et financière de nos partenaires sur les questions de reporting financier, de dépenses éligibles ou non, de règles à suivre en matière d’appel d’offres, … mais aussi des temps d’échange pour expliquer l’importance pour Iles de Paix d’une gestion intègre, efficiente, rigoureuse et transparente des moyens mobilisés.

Iles de Paix a placé cette idée de « mériter la confiance » parmi ses valeurs institutionnelles.  Les activités mises en œuvre par Iles de Paix ne sont pas financées par des bénéfices comparables à ceux que générerait une entreprise commerciale qui les réinjecterait ensuite dans son activité pour s’auto-financer. Ils viennent intégralement des achats de modules, des dons, des successions, et des fonds publics octroyés par les autorités sur base des impôts des contribuables. A titre d’exemple, le programme Mpanga Super Farmers que nous démarrons actuellement est financé à 80% par des fonds du Ministère belge de la coopération et à 20% par des ressources propres directement collectées par Iles de Paix auprès du grand public.

Autrement dit, les moyens d’action d’Iles de Paix proviennent à 100 % de sources externes, de la part de personnes et d’organismes qui font le choix délibéré de soutenir l’association en raison de la confiance qu’ils lui accordent.

De même, les partenaires et les bénéficiaires qui choisissent de s’investir dans des projets avec Iles de Paix le font sur base de la confiance qu’ils ont dans l’association. Iles de Paix met son point d’honneur à mériter la confiance de toutes ces personnes.

Le coup d’envoi est donné !

Et oui, le premier programme d’Iles de Paix en Ouganda est officiellement lancé ! L’atelier de lancement avec les partenaires choisis pour l’implémentation du programme s’est tenu du 10 au 15 août.

Occasion de prendre le temps de mieux se connaitre les uns les autres, de s’assurer que chacun a une même compréhension des valeurs et concepts sous-jacent au programme, de s’approprier la stratégie générale du programme et de bien définir les premières activités qui seront menées cette année.

Prendre le temps de la réflexion avec l’ensemble des équipes avant de se lancer dans l’exécution des activités, c’est sans doute une caractéristique de l’approche Iles de Paix. Les partenaires semblent avoir appréciés cette approche, pas nécessairement habituelle pour eux.

Un des concepts clés que nous avons approfondi lors de l’atelier est celui de l’agroécologie. L’approche agroécologique, au coeur de laquelle on retrouve la recherche d’un équilibre entre les dimensions économiques, environnementales et sociales, est en effet l’approche résolument retenue par Iles de Paix dans l’accompagnement des producteurs.

L’agroécologie, qui ne se limite pas seulement à la production agricole mais s’intéresse au système alimentaire en général, propose un modèle alternatif par rapport à celui proposé par l’agriculture conventionnelle, prédominante en Belgique par exemple. Les différents objectifs poursuivis par l’agroécologie sont illustrés dans le schéma suivant :

Agroecology

 

 

 

MPANGA SUPER FARMERS

Comme vous le voyez, grâce aux talents d’un artiste local, les modules Iles de Paix ont pris leur quartier à Fort Portal. Impressionnant la force de ce logo qui suscite l’intérêt des visiteurs !

Au menu de ce premier mois : installation des bureaux avec l’aide précieuse de John Nyakoojo (responsable Administratif et Financier), rencontres avec les organisations locales (JESE et SATNET) avec lesquelles Iles de Paix travaillera sur le terrain, recrutement des agents de terrain qui travailleront au sein de ces partenaires, visites de terrain pour mieux appréhender les spécificités des deux zones d’intervention du programme, Karangura (à 30 km de Fort Portal) et Kabambrio (à 80 km de Fort Portal)

Ce premier programme d’Iles de Paix en Ouganda porte le nom de « Mpanga Super Farmers », Mpanga étant le nom d’une rivière traversant la ville de Fort Portal.

Source de la Mpanga River

Zone montagneuse de Karangura où la Mpanga River prend sa source

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Marais typique de la région de Kabambiro, plus en aval de la Mpanga River

 

En phase avec la mission générale d’Iles de Paix de promotion de l’agriculture familiale durable et de l’alimentation responsable, l’objectif général du programme est d’accompagner 600 familles d’agriculteurs dans l’amélioration des performances économiques, sociales et environnementales de leurs exploitations.

La semaine prochaine sera une première étape importante pour Iles de Paix Ouganda. Nous tiendrons notre atelier de lancement officiel avec nos deux partenaires. Je serai épaulé pour l’occasion par mon collègue Olivier, Directeur des Programmes, qui débarquera de Huy et par Ludovic, Directeur Iles de Paix en Tanzanie. Impatients de vous raconter tout cela dans une prochaine édition !

Pour terminer, ce premier « Zoom Iles de Paix », je voulais partager avec vous cette donnée sur la croissance démographique de l’Ouganda. Un paramètre déterminant à prendre en considération pour comprendre les enjeux de développement.

L’Ouganda comptait plus de 37 millions d’habitants en 2015 et le pays connaît l’une des plus fortes croissances démographiques au monde avec un taux de fécondité estimé à 6 enfants par femme et un taux de croissance naturel de 3,3 %. Ce taux de fécondité était en 2011 de 3,8 en milieu urbain et de 6,8 en milieu rural. A ce rythme, l’Ouganda aura en 2050 130 millions d’habitants et les efforts de développement pourraient être les victimes de cette explosion démographique. En 2015, 35% de la population était sous-alimentée. L’âge médian de la population ougandaise est de 15 ans, alors qu’il se situe à 41 ans en Belgique.