Les bijoux colorés des Karamojongs

 

Dans cette édition, ce n’est pas nos talents que nous souhaitons mettre en avant mais ceux des Karamojongs que nous avons découverts lors de notre road trip. Cette ethnie semi nomade – proche de leurs cousins les massaï qui vivent eux en Tanzanie et au Kenya – possèdent deux grandes richesses : leurs troupeaux et leur culture traditionnelle. Nous avons eu la chance de découvrir leur habitat (le kraal : ensemble de petites huttes au sein d’un enclos qui abrite, chacun, une famille), leurs danses, leurs chants et leur artisanat. Les femmes sont réputées pour faire de très beaux colliers, bracelet et autres ornements. Inutile de vous dire que les filles, mais également Romain, ne se sont pas privés pour faire honneur aux talents de nos hôtes.

Apprivoiser nos peurs et la magie de la poésie enfantine 

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Nous voudrions vous partager un livre qui nous a accroché cet été : CONTINUER de Laurent Mauvignier.

Il s’agit d’un roman. D’une histoire entre une mère et son fils, partis faire un voyage à cheval au Kirghizistan afin de renouer avec le fil de leur vie. Cela parle de la vie, de l’amour, de la mort, le rejet de l’autre et de la difficulté de grandir dans le monde d’aujourd’hui où de nombreux comportements sont dictés par la peur.

Extraits choisis :

« Est ce qu’il sait qu’accepter les musulmans ça ne veux pas dire devenir musulman ? Qu’accepter les pédés ce n’est pas devenir pédés ? Comme si les autres, il avait peur d’être contaminés par eux, comme si les discours qui la révoltent en France n’étaient pas tant le rejet de l’autre que la peur de se diluer en l’autre, de devenir l’autre ; comme si au fond, leurs discours racistes c’était juste l’incertitude de soi, la peur de ne pas savoir être soi-même et d’être capable de le rester face aux autres. Comme s’il fallait toujours penser la relation dans la domination ou la soumission. »

 » Si on a peur des autres, on est foutu. Aller vers les autres, si on ne le fais pas un peu, même un peu, de temps en temps, tu comprends, je crois qu’on peut en crever. Les gens, mais les pays aussi en crèvent, tu comprends, tous, si on croit qu’on a pas besoin des autres ou que les autres sont seulement des dangers, alors on est foutu. Aller vers les autres, c’est pas renoncer à soi ».

L’écriture est facile, rythmée, elle coule comme une discussion. Le roman est bien construit et l’intrigue subtile.

Bref, nous vous le recommandons tout comme François nous l’a recommandé (merci papa).

 

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Magnifique livre pour enfant traduit du coréen. Le dessin et les couleurs sont lumineuses et contribuent à créer un univers poétique subtil. Le livre a fait mouche tant auprès de Romain (4ans) que d’Anna-Lou (6ans). Merci Nanou et Pépilo pour cette belle découverte !

Des bougies à souffler et des découvertes à couper le souffle !

Et oui, parmi les faits marquants du mois écoulé, les anniversaires de Lola et de Romain tiennent évidemment le haut du pavé. Le 30 septembre Lola a soufflé ses 8 bougies, quand Romain « big boy » soufflait les 4 siennes le 20 octobre.

L’un et l’autre ont eu l’occasion de fêter cela d’abord à l’école, puis chez nous durant le week-end avec des amis de l’école. Au menu pour Lola, chasse au trésor et autres jeux dans le jardin et pour Romain, dîner à la maison avec les « potes » avant d’aller s’éclater à Fort Fun City, le Wallibi de Fort Portal 😉 Et pour l’occasion, leurs amis s’étaient non seulement « sapés comme jamais », mais leur avaient aussi préparé de bien belles surprises (voir « le clin d’œil photo »)

Et comme la fête appelle la fête, on a profité de l’anniversaire de Lola pour organiser aussi notre premier barbecue ougandais. L’occasion d’inviter chez nous tous les gens que nous avons eu le bonheur de rencontrer sur notre route depuis notre installation à Fort Portal. Un bien beau dimanche après-midi !

Et entre ces deux temps forts, nous avons profité d’une semaine de congé des enfants pour nous octroyer un premier break familial depuis notre arrivée. Un road-trip (plus de détails dans « le coin des routards ») qui nous a donné notre dose de liberté par l’immensité des paysages traversés (souvent inoccupés), notre dose d’humanité  par la rencontre fascinante avec le peuple traditionnel des Karamojongs (voir aussi « le coin des artistes ») et notre dose d’amitié par le plaisir de voyager avec deux autres familles.

Bref, on termine ce mois avec de biens beaux souvenirs dans la tête. Voici quelques-uns de ceux pointés par notre trio lors la réunion de rédaction :

« J’ai bien aimé allé chez les Karamojong. J’ai pu camper et j’aimais bien porté les chèvres dans mes bras. Il y a même des bébés chèvre qui sont nés pendant la nuit! » (Anna-Lou)

« A l’école, on a chanté la chanson Happy Birthday » (Romain)

« Les mach-mallows dans le feu, c’est génial. Pas seulement pour le goût, mais surtout juste pour le faire » (Lola)

Et pour le plaisir des amateurs de photos, pour illustrer tout ceci, on vous partage deux liens :

 

Sur ce, on vous embrasse bien fort !

La Hees Family

Un lien vaut mieux que deux tu liras

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Les Tisserands

Un livre plein d’optimisme que nous avions découvert l’été dernier. Le genre de livre qui se lit rapidement, puis qui se vit au fil du temps. C’est qu’on ne devient pas tisserands du jour au lendemain 😉

 

 

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Les animaux de la savane, raconté aux enfants

Un bien beau bouquin illustrés de photos magnifiques. Anna-Lou adore s’y plonger pour y découvrir plein d’anecdotes et le nom des drôles d’animaux que nous découvrons ici. Merci Gaia et Francesco pour cette belle découverte !

Mériter la confiance

Bien démarrer un programme de coopération nécessite de partir directement sur de bonnes bases en matière de gestion administrative et financière. La formation des équipes sur cet aspect est d’autant plus important quand on démarre dans un nouveau pays et donc avec de nouveaux partenaires avec qui tout est encore à construire.

La formation organisée ce mois  avec l’appui de mon collègue Julien venu de Huy était donc un moment clé. Au programme, formation des équipes administrative et financière de nos partenaires sur les questions de reporting financier, de dépenses éligibles ou non, de règles à suivre en matière d’appel d’offres, … mais aussi des temps d’échange pour expliquer l’importance pour Iles de Paix d’une gestion intègre, efficiente, rigoureuse et transparente des moyens mobilisés.

Iles de Paix a placé cette idée de « mériter la confiance » parmi ses valeurs institutionnelles.  Les activités mises en œuvre par Iles de Paix ne sont pas financées par des bénéfices comparables à ceux que générerait une entreprise commerciale qui les réinjecterait ensuite dans son activité pour s’auto-financer. Ils viennent intégralement des achats de modules, des dons, des successions, et des fonds publics octroyés par les autorités sur base des impôts des contribuables. A titre d’exemple, le programme Mpanga Super Farmers que nous démarrons actuellement est financé à 80% par des fonds du Ministère belge de la coopération et à 20% par des ressources propres directement collectées par Iles de Paix auprès du grand public.

Autrement dit, les moyens d’action d’Iles de Paix proviennent à 100 % de sources externes, de la part de personnes et d’organismes qui font le choix délibéré de soutenir l’association en raison de la confiance qu’ils lui accordent.

De même, les partenaires et les bénéficiaires qui choisissent de s’investir dans des projets avec Iles de Paix le font sur base de la confiance qu’ils ont dans l’association. Iles de Paix met son point d’honneur à mériter la confiance de toutes ces personnes.

En route vers les Saaka Lakes !

Parmi nos excursions du mois dans les environs direct de Fort Portal, notre ballade vers les Saaka Lakes a décroché la palme.

Invité à passer un dimanche après-midi chez Tadeo, un collègue de Denis, nous ne savions pas trop à quoi nous attendre. Et comme souvent, l’imprévu est source de beaux petits moments de bonheur.

Arrivés chez Tadeo, celui-ci nous propose de partir pour une ballade de 2 heures environs avec sa famille et la famille d’un autre collègue. Magnifique randonnée dans la campagne de Fort Portal, au milieu des plantations de matooke (bananes locales) avec au final l’ascension d’une colline. Une ascension qui vaut le détour. Au sommet,  une vue imprenable sur une enfilade de 3 lacs avec  les contreforts de la chaîne de montagnes des Rwenzori.

Et pour ceux qui veulent avoir un aperçu de la vue à 360°, voici ce que ça donne en vidéo : https://www.dropbox.com/s/by7oif6zgpf4pym/IMG_1260%5B1%5D.MOV?dl=0

Et après l’effort, le réconfort ! De retour dans la cour familiale de Tadeo, une chèvre grillée au barbecue  nous attendait et un magnifique gâteau d’anniversaire pour sa fille de 9 ans nous attendait. Une soirée toute en simplicité et en chaleur humaine !

 

Retour à la terre !

Septembre, c’est la rentrée ! Les premiers pas de notre dans trio dans leur nouvelle école, la Sadhguru School, est certainement le fait marquant du mois écoulé.

Un mot sur cette école, pas comme les autres. Proposer un enseignement de niveau international en milieu rural n’est en effet pas commun. Sadghuru, un penseur et yogi indien, a décidé de relever ce défi dans plusieurs pays du Sud.

Il entend ainsi apporter sa pierre à l’édifice de la lutte contre l’exode rural, problème criant dans un pays comme l’Ouganda en proposant un enseignement de qualité mais également pleinement enraciné dans le milieu naturel.

En Ouganda, chance pour nous, c’est dans la région de Fort Portal que ce projet un peu fou a vu le jour en janvier 2017, grâce à la ténacité de Jane et Sven, un couple de britanniques passionnés. Les premières classes se sont ouvertes en janvier 2017. Pour assurer sa durabilité, l’école vise à terme à attirer un public mixte d’élèves internationaux payant des frais de scolarité proche de ceux  des écoles internationales présentes en capitale et d’élèves ougandais des villages avoisinants, payant des frais de scolarité similaires à ceux des écoles de la région et « parrainés » par des donateurs situés aux 4 coins du monde. Pour l’heure l’école compte 65 élèves originaires des villages proches de l’école et … 3 petits belges. Et oui, Romain, Anna-Lou et Lola font un peu office de pionniers 😉

Comme mentionné, Sadhguru school vise aussi la reconnexion de l’homme à son environnement. Le lieu d’implantation de l’école n’est pas anodin (voir illustration dans le coin des artistes). Située à 20km de la ville rurale de Fort Portal, l’école est logée dans un écrin de verdure, bordée d’un côté par le « Nyianambuga Crater Lake » et sa forêt luxuriante et entourée de l’autre côté de collines. La nature, source inépuisable d’apprentissage, fait partie intégrante du projet pédagogique.

Cette question du lien à la nature nous a rappelé la lecture du livre « Les tisserands » (voir le coin des lecteurs). Son auteur, Abdennour Bidar, y insiste sur la nécessité de cultiver 3 liens, son lien intérieur, son lien à l’autre et son lien à la nature, pour tisser le monde de demain.

Alors notre expatriation à Fort Portal, nous offre à nous, citadins d’un pays industrialisé, l’occasion de réactiver de ce dernier lien, quelque peu atrophié. Le mois de septembre fut l’occasion de semer quelques graines sur ce terrain. Au menu : lancement de notre potager, excursion à pied ou à vélo pour mieux découvrir notre environnement direct, ateliers cuisine, rencontre avec des acteurs locaux, comme Shadrach, jeune agriculteur qui s’est lancé depuis deux ans dans la production de fraises.

Aperçu en images de ce mois placé sous le signe du « retour à la terre » à travers le lien photos : https://www.dropbox.com/sh/4s2tiovd4mymn4u/AACfUxBu14hkOSVlKzPQRETva?dl=0

Et pour finir par l’état des troupes, voici quelques bribes de notre « réunion de rédaction ».

« L’école, c’est chouette de jouer au foot. J’aime bien mon amie Maria. Elle rigole tout le temps. J’aime bien aider papa dans le potager » (Romain)

« A l’école au début, c’était bizarre car je comprenais pas toujours ma professeur. Ce qui est chouette c’est que la cour est en herbe. On n’a pas mal quand on tombe. J’aime bien creuser et mettre les graines » (Anna-Lou)

« J’ai bien aimé la rentrée. J’ai de la chance car ma prof parle un peu français. Je prends des cours de chant le lundi après l’école. Ma prof chante super bien. Ce qui est différent, c’est de voir les autres enfants manger avec les mains. J’aime bien voir les plantes pousser dans notre potager et j’adore cuisiner » (Lola)

Quant à nous, on termine le mois de septembre bluffés par la capacité d’adaptation de nos loustics.

Sur ce, on vous envoit plein de bisous … 100% nature et on vous souhaite un automne haut en couleurs!

La Hees Family

Le coup d’envoi est donné !

Et oui, le premier programme d’Iles de Paix en Ouganda est officiellement lancé ! L’atelier de lancement avec les partenaires choisis pour l’implémentation du programme s’est tenu du 10 au 15 août.

Occasion de prendre le temps de mieux se connaitre les uns les autres, de s’assurer que chacun a une même compréhension des valeurs et concepts sous-jacent au programme, de s’approprier la stratégie générale du programme et de bien définir les premières activités qui seront menées cette année.

Prendre le temps de la réflexion avec l’ensemble des équipes avant de se lancer dans l’exécution des activités, c’est sans doute une caractéristique de l’approche Iles de Paix. Les partenaires semblent avoir appréciés cette approche, pas nécessairement habituelle pour eux.

Un des concepts clés que nous avons approfondi lors de l’atelier est celui de l’agroécologie. L’approche agroécologique, au coeur de laquelle on retrouve la recherche d’un équilibre entre les dimensions économiques, environnementales et sociales, est en effet l’approche résolument retenue par Iles de Paix dans l’accompagnement des producteurs.

L’agroécologie, qui ne se limite pas seulement à la production agricole mais s’intéresse au système alimentaire en général, propose un modèle alternatif par rapport à celui proposé par l’agriculture conventionnelle, prédominante en Belgique par exemple. Les différents objectifs poursuivis par l’agroécologie sont illustrés dans le schéma suivant :

Agroecology

 

 

 

Premiers pas de bédéphile, premiers pas d’agriculteur

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Lola vous présente ses compagnons de lecture de ce mois d’août. Serait elle déjà atteinte du virus de la BD ? Drôle et accessible, c’est un très bon choix pour initier à la BD et au second degré. Il nous a été recommandé par sa marraine. Merci Dona !

001.jpgBien plus qu’un livre sur l’agriculture … « La révolution d’un seul brin de paille » est une invitation à nous interroger sur le lien entre l’homme et la nature, sur la notion de progrès, sur la vie en fin de compte.

« Masanobu Fukuoka a compris que nous ne pouvions pas isoler un aspect de la vie d’un autre aspect. Quand nous changeons la manière de faire pousser notre nourriture, nous changeons notre société, nous changeons nos valeurs … »

Extraits choisis :

« L’extravagance du désir est la cause fondamentale qui a conduit le monde à sa difficile situation actuelle. Rapidement plutôt que lentement, trop plutôt que pas assez, ce « progrès » tape-à-l’oeil (…) n’a servi qu’à séparer l’homme de la nature. L’homme doit cesser de désirer la possession matérielle et le gain personnel et à la place il doit se tourner vers la prise de conscience spirituelle »

« Je n’aime pas particulièrement le mot « travail ». Les êtres humains sont les seuls animaux qui ont à travailler, je pense que c’est la chose la plus ridicule au monde. Les autres animaux gagnent leur vie en vivant, mais les gens travaillent comme des fous, pensant qu’ils doivent le faire pour rester en vie. Plus le travail est important, plus le défi est grand, plus ils pensent que ce travail est formidable. Il serait bon d’abandonner cette manière de penser et de mener une vie facile et confortable avec beaucoup de temps libre. Je pense que la manière dont vivent les animaux sous les tropiques, sortir le matin et le soir pour voir s’il y a quelque chose à manger, faire une longue sieste l’après-midi, doit être une vie formidable. »